B-De l'oreille au cerveau : le décodage

Le rôle de l'oreille se limitant à traduire mécaniquement le son en impulsion électrique, c’est au cerveau que revient le travail d’analyse et d’interprétation.  

Le nerf auditif (ou nerf cochléo-vestibulaire) chemine dans le conduit auditif interne et pénètre dans le tronc cérébral où il effectue plusieurs relais nerveux avant de se terminer au niveau du cortex auditif, situé dans le lobe temporal du cerveau. C'est à ce niveau que les signaux électriques sont finalement décodés et perçus comme des sons.

 

Cortex auditif

 

Situation du cortex auditif au sein du lobe temporal (fond d'image : cochlea.eu)

 

L'audition, comme toute autre modalité sensorielle, possède une voie et des centres primaires, c'est-à-dire totalement dédiés à cette fonction, et des voies dites non primaires où convergent l'ensemble des modalités.

 

 Les voies auditives

La voie auditive primaire aboutit au cortex auditif primaire. Elle véhicule l'information codée par la cochlée, chacun des relais effectuant un travail spécifique de décodage et d'interprétation qui est ensuite transmis aux relais supérieurs : décodage de la durée, de l'intensité, de la fréquence du son; localisation de l'endroit d'où provient le son (="effet de direction") et de son éloignement par rapport notre position (="effet de relief"), effets rendus possibles notamment grâce  à la stéréophonie produite par nos deux oreilles), etc... Le dernier neurone de la voie auditive primaire relie le thalamus au cortex auditif où le message déjà largement décodé par le travail des neurones sous-jacents, est reconnu et  mémorisé afin d'effectuer une réponse motrice (vocale par exemple). 

La voie auditive non primaire, qui regroupe les différents messages sensoriels envoyés simultanément au cerveau (messages auditifs, visuels, olfactifs...), permet une sélection du type d'information à traiter en priorité. Après plusieurs relais dans la formation réticulée, puis dans le thalamus non spécifique, cette voie aboutit au cortex polysensoriel.  Par exemple, lors de la lecture d'un livre et l'écoute d'une musique de façon simultanée, ce système permet à l'attention de se fixer sur la tâche la plus captivante et/ou la plus importante.

Si une perte d'audition n'est pas prise en charge par un appareillage auditif, certaines fréquences ne seront plus transmises au cerveau : le cerveau va progressivement oublier certains sons entrainant alors une mauvaise compréhension des mots : c'est la plasticité cérébrale, dont on retrouve le même principe avec la vision par exemple. Avoir des appareils auditifs très tôt, c'est s'assurer que le cerveau soit toujours opérationnel pour comprendre ce que l'on entend.